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Le sauvage solitaire

  • Pourquoi renoncer au voyage ?

    Mea culpa, mea maxima culpa : je voyage. La semaine dernière encore, j'ai opéré un voyage de groupe qui m'a donné l'occasion de redécouvrir Israel. Mais des collègues n'ont pas hésité à me demander hier comment je pouvais oser voyager quand il y a maintenant des attentats dans le monde entier. J'ai eu du mal à leur présenter une réponse conséquente sur le moment, tant leur plaidoyer m'a décontenancé. Ce que nous disent les attentats en Espagne, finalement, c'est qu'il n'est aucun endroit sûr, désormais. Qu'on se rende au Moyen-Orient ou en Asie, ou même dans le pays d'à côté, il n'est plus possible d'être tout à fait à l'abri d'une telle menace. Seulement, il y a deux manières de réagir à ce problème. Soit l'on se résout à rester chez soi, soit l'on fait le choix de voyager comme avant. Vous l'aurez compris : le premier choix me semble aberrant. Je n'ai jamais compris, par exemple, pourquoi le tourisme faiblissait lorsqu'un pays était touché par une attaque. Attention, si des attentats y surviennent régulièrement, c'est une destination à éviter. Je n'irais pas me promener en territoire taliban, n'est-ce pas. Mais ne plus voyager à Paris parce qu'il y a eu les attentats de novembre est vraiment absurde. Parce que les chances d'être visé par un attentat sont quasi nulles. Plusieurs millions de personnes flânent à Paris chaque année ; dans le même temps, les attentats n'ont fait que 128 morts. Soyons clairs, je ne minimise en rien ce drame : j'indique seulement qu'en comparaison du nombre de gens qui s'y rendent chaque année, c'est une goutte d'eau dans l'océan ! Mais par dessus tout, faire le choix de ne plus voyager en raison des risques d'attentat me semble avouer sa défaite. C'est d'une part choisir une voie de repli ; et c'est d'autre part assouvir la soif des terroristes : en se laissant dévorer par l'inquiétude. Et ça, c'est hors de question. A part ça, j'ai adoré ce voyage de groupe. Si vous voulez vous faire une idée, voici l'agence qui l'a mis sur pied. Plus d'information est disponible sur le site de l'agence organisatrice du voyage en Israel. Cliquez sur le lien.

  • Médecine du travail en lien avec la santé environnement

    Le milieu de travail est un endroit ou la «prévention globale» doit s’exercer de façon privilégiée pour deux raisons : nos concitoyens y passent une grande partie de leur temps ; ils y sont exposés à des risques particuliers (produits toxiques, accidents du travail, risques musculo squelettiques, stress…) L’organisation de la médecine du travail doit être repensée pour plusieurs raisons : la situation démographique catastrophique des médecins du travail (diminution de moitié des effectifs dans les 10 ans à venir) ; la complexité croissante des expositions en milieu de travail ; le caractère insuffisant et contesté, bien que les partenaires sociaux y soient très attachés, des seules visites médicales individuelles et de l’aptitude. Une première réforme des services de santé au travail a permis d’inscrire la nécessité pour le médecin de passer au minimum un tiers de son temps en entreprise, pour des activités de prévention. Cette réforme doit être poursuivie avec notamment, le développement des actions de «prévention globale» en entreprise et la délégation de compétence ou de tâches. Surtout, les services de santé au travail manquent actuellement d’un pilotage sanitaire national, régional ou par secteurs et d’articulation, sur le terrain, avec les ingénieurs de prévention des risques professionnels comme avec les médecins traitants. Ce pilotage doit porter sur la définition de priorités de santé publique et d’objectifs d’amélioration de l’état de santé des travailleurs. La question du financement et de la gestion des services de santé au travail (SST) se pose. Cette gestion devrait être transférée des entreprises aux caisses régionales d’assurance maladie (CRAM) qui oeuvrent déjà beaucoup en matière de prévention en milieu de travail.

  • Ce vilain libre marché qui provoque la pauvreté...

    Si l'on en croit certains intellectuels, le libre marché serait à lui seul la source de tous les maux, une sorte de boîte de Pandore moderne. Et un reproche souvent fait à son encontre consiste à dire qu'il nuirait aux plus défavorisés. Selon eux, les pays défavorisés seraient en effet accablés sous la supposée inhumanité du libre marché et la condition des plus démunis s'en retrouverait totalement disloquée. Si vous me lisez régulièrement, vous avez déjà compris que je ne peux être d'accord avec cette idée, qui me semble éminemment ridicule à plusieurs points de vue. Et dans le cadre d'un séminaire à Dublin en Irlande, la semaine dernière, un intervenant a ridiculisé en quelques mots bien sentis cette croyance. Selon lui (et je partage pleinement son raisonnement), il est difficile de trouver une allégation plus écartée de la vérité. Les individus des pays en développement sont en effet en général victimes d'un manque de libre marché. Ce n'est pas un hasard si les plus pauvres de par le monde résident le plus souvent là où ils ne peuvent mener leur existence comme ils le veulent. En effet, contrarier le libre marché revient à contrarier la liberté elle-même. Le libre marché est ainsi logiquement sanctionné dans des régimes oppressifs comme celui de la Corée du Nord. En effet, un pouvoir qui ne fait déjà pas confiance en sa population pour lui accorder la liberté de vote ne saurait donner à cette population le droit d'opérer ses propres choix sur le libre marché. Lors de ce séminaire, l'intervenant a même poussé plus loin sa réflexion. Il a en effet affirmé que le libre marché était en fait hautement bénéfique aux plus démunis. Cela leur offrirait en effet la possibilité de proposer leur travail à un public beaucoup plus vaste, et de bénéficier en outre d'un accès plus large et bon marché à des biens et services. Et cela se traduit en chiffres mesurables : grâce à la concurrence et au libre marché, les plus pauvres de par le monde vouent à présent une part bien moins forte de leurs budgets pour se nourrir que par le passé. Grâce à l'ouverture des frontières et à l'importation de produits, la population a ainsi pu bénéficier d’un plus vaste choix pour les produits, et ce à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués dans un pays vivant en autarcie, où les denrées sont très logiquement plus limitées, voire absentes ! A lire sur le site de l'Agence Séminaire en Irlande.