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  • Ce vilain libre marché qui provoque la pauvreté...

    Si l'on en croit certains intellectuels, le libre marché serait à lui seul la source de tous les maux, une sorte de boîte de Pandore moderne. Et un reproche souvent fait à son encontre consiste à dire qu'il nuirait aux plus défavorisés. Selon eux, les pays défavorisés seraient en effet accablés sous la supposée inhumanité du libre marché et la condition des plus démunis s'en retrouverait totalement disloquée. Si vous me lisez régulièrement, vous avez déjà compris que je ne peux être d'accord avec cette idée, qui me semble éminemment ridicule à plusieurs points de vue. Et dans le cadre d'un séminaire à Dublin en Irlande, la semaine dernière, un intervenant a ridiculisé en quelques mots bien sentis cette croyance. Selon lui (et je partage pleinement son raisonnement), il est difficile de trouver une allégation plus écartée de la vérité. Les individus des pays en développement sont en effet en général victimes d'un manque de libre marché. Ce n'est pas un hasard si les plus pauvres de par le monde résident le plus souvent là où ils ne peuvent mener leur existence comme ils le veulent. En effet, contrarier le libre marché revient à contrarier la liberté elle-même. Le libre marché est ainsi logiquement sanctionné dans des régimes oppressifs comme celui de la Corée du Nord. En effet, un pouvoir qui ne fait déjà pas confiance en sa population pour lui accorder la liberté de vote ne saurait donner à cette population le droit d'opérer ses propres choix sur le libre marché. Lors de ce séminaire, l'intervenant a même poussé plus loin sa réflexion. Il a en effet affirmé que le libre marché était en fait hautement bénéfique aux plus démunis. Cela leur offrirait en effet la possibilité de proposer leur travail à un public beaucoup plus vaste, et de bénéficier en outre d'un accès plus large et bon marché à des biens et services. Et cela se traduit en chiffres mesurables : grâce à la concurrence et au libre marché, les plus pauvres de par le monde vouent à présent une part bien moins forte de leurs budgets pour se nourrir que par le passé. Grâce à l'ouverture des frontières et à l'importation de produits, la population a ainsi pu bénéficier d’un plus vaste choix pour les produits, et ce à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués dans un pays vivant en autarcie, où les denrées sont très logiquement plus limitées, voire absentes ! A lire sur le site de l'Agence Séminaire en Irlande.

  • Impunité au Burkina Faso

    L’année dernière au Burkina Faso, le procès de l’ex-président Blaise Compaoré et de 32 anciens ministres devant la Haute Cour de justice a été repoussé à plusieurs reprises. En juin, la procédure a été temporairement suspendue par le Conseil constitutionnel. Blaise Compaoré était inculpé de faits de coups et blessures volontaires, de complicité de coups et blessures, d’assassinats et de complicité d’assassinat dans le cadre des manifestations d’octobre 2014. L’ex-président et son ancien chef de la sécurité, Hyacinthe Kafando, étaient toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international. En mai, un mandat d’arrêt international a été décerné à l’encontre de François Compaoré, frère de Blaise Compaoré, en lien avec le meurtre du journaliste d’investigation Norbert Zongo en décembre 1998. François Compaoré a été placé sous contrôle judiciaire en France, son pays de résidence, dans l’attente d’une décision sur son éventuelle extradition au Burkina Faso. Quatorze personnes devaient être jugées pour le meurtre de l’ancien président Thomas Sankara ; trois d’entre elles étaient toujours en détention. Les résultats d’une enquête sur la tentative de coup d’État de septembre 2015 ont été remis à la chambre d’accusation pour qu’elle rende sa décision en octobre ; au moins 106 personnes, parmi lesquelles 40 civils, dont un étranger, ont été inculpées d’attentat contre la sûreté de l’État, de crimes contre l’humanité et de meurtre, entre autres chefs d’accusation. Plus de 20 d’entre elles se trouvaient toujours derrière les barreaux à la fin de l’année. Le général Djibril Bassolé est sorti de prison en octobre et a été placé en résidence surveillée. En décembre, le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU a appelé à sa libération.